Compétitivité : A quoi joue le MEDEF ?


La compétitivité d’un pays c’est également la qualité de ses infrastructures et le niveau de ses services publics, d’où l’importance de maintenir des investissements publics à un niveau élevé.

L’idée que les entreprises ne peuvent plus investir en raison d’un coût de travail trop élevé ne tient pas la route. La rémunération des actionnaires a bondi. Les dividendes sont à leur niveau le plus élevé depuis la dernière guerre avec 9% de la valeur ajoutée face aux 2.5% du début des années 90.

Il n’est pas acceptable que le choc de compétitivité soit supporté par l’ensemble des ménages via l’augmentation de la TVA, leur pouvoir d’achat ayant déjà été largement affaibli ces dernières années. Il n’est pas plus tolérable de présenter cette facture aux collectivités territoriales par une baisse des dotations de l’état. L’état critique de leurs finances ne le permet pas, bien que leur action en terme d’investissement et d’organisation des solidarités locales soit indispensable.

Le crédit d’impôt accordé aux entreprises devrait être ciblé sur les entreprises en concurrence avec l’extérieur et il serait salutaire de conditionner strictement cette aide afin qu’elle serve, soit à créer de l’emploi, soit à générer de l’investissement mais aucunement à augmenter les dividendes versés aux actionnaires !


Et le MEDEF ?

Dans le cadre des négociations entre les syndicats et Le MEDEF sur le marché de l’emploi ce dernier vient de présenter son projet aux syndicats. Les propositions avancées par le MEDEF sont une véritable provocation :

  • Entre autres, le MEDEF propose d’assouplir les règles du CDI et des procédures de licenciement,
  • ainsi que de réduire les délais du recours aux expertises et aux prudhommes.

Force est de constater que le patronat a décidé de jouer non pas la carte de la sécurisation mais bel et bien de privilégier la flexibilité de l’emploi.

Ces propositions sont honteuses et indécentes de la part du patronat à l’heure où l’on attendrait de celui-ci qu’il annonce les contreparties qu’il serait prêt à offrir face aux 20 milliards d’euros concédés par le gouvernement dans le cadre du pacte de compétitivité. Le MEDEF est résolu à ne laisser aucune miette en « demandant toujours plus pour prendre plus ». En faisant sauter toutes les digues de protection sur les droits du licenciement, les réformes voulues par le MEDEF sont une accélération de l’effritement des droits des salariés et de la dignité de chacun. Elles gravent dans le marbre le principe de « flexisécurité » qui n’est rien d’autre qu’un prétexte pour augmenter la flexibilité dans la gestion des emplois contre une soit disant sécurité des salariés.

Alors que François Hollande appelait à la mise en place d’un « compromis historique » entre syndicats et patronat, nous attendons toujours du MEDEF qu’il donne des signes de réciprocité. Les salariés ne sauraient être les seuls à contribuer à l’effort collectif pour sortir de la crise.

A.L.C.

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